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    <title><![CDATA[NC]]></title>
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    <dc:date>2008-12-05</dc:date>

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    <title><![CDATA[Communauté des homosexuels en Algerie]]></title>
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				 <content:encoded><![CDATA[Paru dans le journal El Watan <br />le 04/09/2007<br /><br /><br />&laquo; Nous sommes tous des passagers clandestins &raquo; <br /><br /><br />Si l'homosexualit&eacute; reste aujourd'hui un tabou important, les homosexuels sont sortis de leur isolement, gr&acirc;ce &agrave; Internet, et une communaut&eacute; discr&egrave;te &eacute;merge dans les grandes villes du pays l Bien que la pratique soit d&eacute;finie comme &laquo; acte contre nature &raquo; et criminalis&eacute;e par les articles 333 et 338 du code p&eacute;nal, les homosexuels, contraints g&eacute;n&eacute;ralement &agrave; mener une double vie, tentent d'adapter leur identit&eacute; &agrave; une soci&eacute;t&eacute; qui les marginalise et les tol&egrave;re tout &agrave; la fois. <br />Nous sommes devenus des experts en mensonges, des schizophr&egrave;nes &agrave; l'image de la soci&eacute;t&eacute; alg&eacute;rienne tout enti&egrave;re. &raquo; C'est sur cette phrase, ou presque, que Karim d&eacute;bute le r&eacute;cit de sa vie, &eacute;mu et volubile dans le d&eacute;cor pastel d'un salon de th&eacute;. Trentenaire, aide-soignant &agrave; Constantine, mari&eacute; depuis 4 ans et p&egrave;re d'une petite fille, il a pu nommer, &agrave; l'&acirc;ge de 12 ans, au hasard d'un livre m&eacute;dical sur La psychologie de l'anormal, ce d&eacute;sir naissant et cette &eacute;trange sensation d'&ecirc;tre unique qui le taraudait depuis longtemps : l'homosexualit&eacute;. D&egrave;s lors, un long et chaotique parcours de culpabilit&eacute; commence : de fugues en&nbsp; visites chez des psys, de confidences &eacute;vasives &agrave; une m&egrave;re qui le met sous surveillance &agrave; une pratique soudaine et excessive des commandements religieux, d'espoirs en d&eacute;pressions, Karim tente, plusieurs fois, de mettre fin &agrave; sa vie, une vie o&ugrave; il a pourtant connu neuf ann&eacute;es d'un amour intense avec un homme qui a fini par &eacute;pouser&hellip; sa s&oelig;ur. Press&eacute; par ses parents, il se r&eacute;signe &agrave; se marier avec une femme dont il ne partage plus la chambre. &laquo; Ce mariage, je l'ai v&eacute;cu comme un viol. Ma femme, je ne peux pas la rendre heureuse. Je ne peux pas. &raquo; Pour exister derri&egrave;re le masque et trouver une issue identitaire &agrave; la n&eacute;gation sociale, il &eacute;crit, cr&eacute;e des r&eacute;seaux, milite clandestinement, notamment &agrave; travers la cr&eacute;ation d'un blog et l'ouverture d'un cybercaf&eacute; qui serait, comme beaucoup d'autres et en toute discr&eacute;tion, &laquo; un refuge, un repos &raquo;. &laquo; Internet a &eacute;t&eacute; un vrai soulagement pour nous, explique-t-il. &ccedil;a nous a sortis d'un isolement mortel. &raquo; Il a d'ailleurs trouv&eacute; son homme du moment, sur un site de rencontres tr&egrave;s pris&eacute;. Quelques heures plus tard, adoss&eacute; &agrave; la banquette moelleuse d'un bar de nuit enfum&eacute;, Redwane, jeune &eacute;crivain truculent et raffin&eacute;, s'&eacute;gosille malicieusement sur : &laquo; Je suis un homo, comme ils disent &raquo;, la c&eacute;l&egrave;bre chanson de Charles Aznavour. L'univers amical et festif, ce soir, essentiellement h&eacute;t&eacute;rosexuel et f&eacute;minin, o&ugrave;&nbsp; il &eacute;volue en toute libert&eacute;, c'est la part officieuse de sa vie : &laquo; Si mes parents savaient, ils me tueraient carr&eacute;ment. &raquo; Exemples de doubles vies d&eacute;clinables &agrave; l'envi. Ce ph&eacute;nom&egrave;ne souterrain mais r&eacute;el et inscrit dans le champ des pratiques sociales invisibles s'estompe au fur et &agrave; mesure que l'on monte dans les sph&egrave;res de la soci&eacute;t&eacute;. Kamel, la trentaine, &eacute;l&eacute;gant, travaille dans une importante soci&eacute;t&eacute; &eacute;trang&egrave;re. Il conna&icirc;t Paris et son quartier c&eacute;l&egrave;bre du Marais, mais l'&eacute;voque dans une moue indolente : &laquo; Alger est infiniment plus dr&ocirc;le. &raquo; Son plaisir &agrave; lui, c'est la finition haute couture, l'originalit&eacute; et l'allure. &laquo; Il faut oser. Ces v&ecirc;tements, c'est comme une armure. Je peux arriver au boulot avec un costume rose, personne n'osera me poser de questions. &raquo;. &laquo; Et la famille ? &raquo; &laquo; Les choses sont claires, on ne s'&eacute;tale pas. &raquo; Autant d'&eacute;l&eacute;ments qui, de son point de vue, le distinguent des &laquo; cas sociaux &raquo;, comme il les nomme n&eacute;gligemment.

<br /><br />D&eacute;ni l&eacute;gal, d&eacute;ni social<br /><br />Si en Alg&eacute;rie comme ailleurs l'homosexualit&eacute; est plurielle, la r&eacute;ponse est la m&ecirc;me pour tous : articles 333 et 338 du code p&eacute;nal. Lorsque l'outrage public &agrave; la pudeur, puni de deux mois &agrave; deux ans d'emprisonnement et d'une amende de 500 &agrave; 2000 DA, consiste &laquo; en un acte contre nature avec un individu du m&ecirc;me sexe &raquo;, la peine passe de six mois &agrave; trois ann&eacute;es de prison et d'une amende de 1000 &agrave; 10 000 DA. Et l'article 338 punit tout acte d'homosexualit&eacute; de 2 mois &agrave; 2 ans de prison et de 500 &agrave; 2000 DA d'amende. &laquo; En criminalisant notre sexualit&eacute;, on criminalise notre identit&eacute; toute enti&egrave;re, notre quotidien, notre vie. On nous r&eacute;duit &agrave; un acte sexuel. Du coup, on a du mal &agrave; se voir autrement, &agrave; s'accepter &raquo;, souligne Momo, jeune et fragile &eacute;tudiant en droit &agrave; Alger, crois&eacute; dans un caf&eacute;. Impossible avec cette loi de cr&eacute;er une association ou d'ouvrir un lieu ouvertement destin&eacute; &agrave; cette population. En cons&eacute;quence, par exemple, nombre d'associations de pr&eacute;vention et de lutte contre le VIH n'osent pas s'aventurer, sous peine d'amalgames compromettants, dans une d&eacute;marche de travail officielle vers la communaut&eacute; homosexuelle. &laquo; J'ai contact&eacute; une association f&eacute;minine pour l'&eacute;panouissement de la personne et l'exercice de la citoyennet&eacute;. Elles n'ont pas souhait&eacute; me r&eacute;pondre &raquo;, raconte Fatima, jeune &eacute;tudiante de T&eacute;bessa, spontan&eacute;e, combative et qui aime les femmes. Dans les grandes villes, cependant, divers lieux sont confidentiellement destin&eacute;s &agrave; la population homosexuelle et, de fait, discr&eacute;tion oblige, la client&egrave;le est mixte, ce qui permet un brassage permanent des identit&eacute;s. Mais, plus grave, cette rel&eacute;gation de l'homosexualit&eacute; au rang des comportements ill&eacute;gaux se double d'une impossibilit&eacute; d'acc&egrave;s aux droits les plus &eacute;vidents : &laquo; Il y a quelques ann&eacute;es, j'ai subi une tentative de viol par un ancien camarade d'&eacute;cole mari&eacute;. Comme je me suis d&eacute;fendu, il a paniqu&eacute;, il a essay&eacute; de m'&eacute;craser avec sa voiture. Je ne peux pas porter plainte. Tu imagines un flic remplir gentiment son proc&egrave;s-verbal ? Laisse tomber. On a toujours &eacute;t&eacute; &agrave; la fois la cible des int&eacute;gristes et les victimes de la police &raquo;, explique Karim dans un sourire amer. &laquo; Cette loi est une &eacute;p&eacute;e au-dessus de nos t&ecirc;tes et elle donne raison &agrave; tous de nous maltraiter &raquo;, conclut-il. Pourtant, l'existence des articles 333 et 338 est assez m&eacute;connue, m&ecirc;me par les premiers concern&eacute;s. C'est qu'ils sont, dans les faits, peu appliqu&eacute;s. Ils ne font que couronner un climat de peur, de honte ou de malaise qui est, en fait, entretenu par une censure sociale, familiale et religieuse concernant la sexualit&eacute; en g&eacute;n&eacute;ral et les comportements sexuels dits &laquo; d&eacute;viants &raquo; en particulier,&nbsp; consid&eacute;r&eacute;s globalement comme un danger pour l'ordre social et la pr&eacute;servation de la culture musulmane. &laquo; Franchement, en soi, l'homosexualit&eacute; me d&eacute;go&ucirc;te carr&eacute;ment, explique Amin, jeune mari&eacute; moderne. J'ai pourtant eu un voisin homo d'un certain &acirc;ge qui &eacute;tait quelqu'un de tr&egrave;s bien. Il n'en faisait pas &eacute;talage, il rendait tout le temps service, normal. En fait, si on n'accepte pas cette sexualit&eacute;, c'est qu'on a peur qu'ensuite &ccedil;a prenne de l'ampleur et qu'il y ait un oubli progressif&nbsp; des valeurs musulmanes qui sont notre force identitaire et culturelle. &raquo; Cette peur se traduit par l'existence d'un cadre l&eacute;gislatif clair, qui s'appuie sur la charia islamique et n'envisage la sexualit&eacute; que sous l'angle de la procr&eacute;ation dans le cadre du mariage. &laquo; Il n'y a rien de positif dans cet acte contre nature, affirme le conseiller en communication du ministre des Affaires religieuses. Il faut encourager la croissance d&eacute;mographique et donc encourager le mariage entre l'homme et la femme, c'est cela qui est conforme &agrave; toutes les&nbsp; lois du monde et aux lois de toutes les religions monoth&eacute;istes. &raquo; Le conseiller du ministre estime ainsi que sur tout le territoire alg&eacute;rien, ils ne sont pas plus de 2000, un chiffre qui, sur une population d'environ 35 millions de personnes, en fait implicitement une minorit&eacute; n&eacute;gligeable,&nbsp; logiquement marginalis&eacute;e. De visu, ce chiffre est largement contestable et contest&eacute; par de nombreuses associations &eacute;trang&egrave;res qui estiment de fa&ccedil;on g&eacute;n&eacute;rale que la population homosexuelle repr&eacute;sente au moins 6 &agrave; 8% de la population globale de chaque pays du monde. Mais dans ce contexte o&ugrave; l'identit&eacute; homosexuelle ne peut &ecirc;tre ouvertement d&eacute;clar&eacute;e, une &eacute;tude chiffr&eacute;e fiable n'a jamais pu &ecirc;tre effectu&eacute;e. &laquo; Dans un pays o&ugrave; on chasse les amoureux des parcs, quand il y a une visite d'un chef d'Etat, comment veux-tu qu'on tol&egrave;re ouvertement les ''nekoucha'' ? &raquo;, s'esclaffe Redwane.

<br /><br />Rejet religieux et maladie morale<br /><br />&laquo; L'Alg&eacute;rie est un pays musulman. La religion accompagne la vie quotidienne. Si tu rajoutes les traditions, le tout m&eacute;lang&eacute; &agrave; l'hypocrisie&hellip; Ils connaissent notre existence mais ouvrir le d&eacute;bat, c'est inenvisageable pour eux, c'est contre nature, point &agrave; la ligne, d&eacute;brouillez-vous ! &raquo;, temp&ecirc;te Fatima. N&eacute;anmoins, nombreux sont ceux et celles qui souhaitent rester clandestins. &laquo; Pour vivre heureux, vivons cach&eacute;s &raquo; est une expression qui revient souvent. &laquo; Ils ont peur d'&ecirc;tre amalgam&eacute;s avec les &quot;folles&quot; ou les &quot;transgenres&quot;, qui s'assument d'ailleurs radicalement, et les prostitu&eacute;s, qui le sont souvent devenus apr&egrave;s s'&ecirc;tre fait jeter de leur famille. Ils pensent que la clandestinit&eacute; est la seule libert&eacute; &agrave; laquelle ils peuvent aspirer. Mais la libert&eacute;, ce n'est pas &ccedil;a ! On ne veut pas une gay-pride ou le droit de s'embrasser en pleine rue. Nous sommes aussi des musulmans, m&ecirc;me si, du coup, notre orientation peut rendre notre rapport &agrave; Dieu tr&egrave;s compliqu&eacute;. On d&eacute;sire juste avoir le droit &agrave; la diff&eacute;rence et &agrave; la d&eacute;p&eacute;nalisation de notre identit&eacute;. &ccedil;a prendra un temps fou &raquo;, pr&eacute;cise calmement Karim. Cette revendication semble bien outranci&egrave;re &agrave; l'imam Youssef El Qaradhawi, id&eacute;ologue des Fr&egrave;res musulmans et auteur du livre Le licite et l'Illicite o&ugrave; l'on peut lire que, si les opinions des juristes de l'Islam diverg&egrave;rent concernant &laquo; les punitions de cette abominable pratique &raquo;, le meurtre des homosexuels &laquo; n'est qu'un moyen pour &eacute;purer la soci&eacute;t&eacute; islamique de ces &ecirc;tres nocifs qui ne conduisent qu'&agrave; la perte de l'humanit&eacute; &raquo;. Cette lecture fondamentaliste du texte sacr&eacute;, que tous les musulmans ne partagent certes pas, nous a &eacute;t&eacute; confirm&eacute;e par le mufti Yahia, au minist&egrave;re des Affaires religieuses (cf. article ci-contre) : &laquo; L'homosexualit&eacute; est une inversion contraire &agrave; la nature qu'il faut soigner et, litt&eacute;ralement, dans le texte, punie de mort. Comment, d&egrave;s lors, ne pas percevoir cette pratique comme une aberration ? &raquo; &laquo; On en est tous impr&eacute;gn&eacute;s, raconte Karim. Pour ma premi&egrave;re tentative de suicide, j'ai voulu me jeter du haut d'un ravin avec la voiture de mon p&egrave;re. J'avais 18 ans. Depuis, j'ai appris que l'Islam punit l'homosexuel en le jetant du haut d'une falaise. C'est marrant, non ? &raquo; Ce refoulement de l'homosexualit&eacute; en tant que pratique non conforme &agrave; la loi de Dieu aboutit parfois &agrave; la th&eacute;orie d'une homosexualit&eacute; import&eacute;e d'Occident, &laquo; tare de la race blanche &raquo;, amalgam&eacute;e avec la maladie mentale, voire la maladie morale, comme incapacit&eacute; de r&eacute;sistance &agrave; une pulsion ou &agrave; la p&eacute;dophilie. Au mieux, comme on peut le lire sur les nombreux forums de discussion de sites religieux, o&ugrave; le sujet est d'ailleurs r&eacute;guli&egrave;rement examin&eacute; avec une docte bienveillance, l'homosexualit&eacute; est une maladie ou une d&eacute;viation du droit chemin qu'il faut accompagner et gu&eacute;rir, notamment par le &laquo; sabar &raquo;. &laquo; Je ne suis pas malade. Ma sexualit&eacute; n'est pas un choix ni une mal&eacute;diction. Je suis comme &ccedil;a. Point &raquo;, mart&egrave;le Momo qui, paradoxalement, dit comprendre la lapidation des homosexuels et souhaite se marier un jour, afin d'&ecirc;tre en accord avec sa religion. Pour la majorit&eacute; d'entre eux, la clandestinit&eacute; est donc la seule voie : &laquo; Je m'assume mais m'afficher, c'est impossible &raquo;, explique Fatima. &laquo; L'homosexualit&eacute; est essentiellement envisag&eacute;e sous l'angle masculin. Elle est v&eacute;cue dans les soci&eacute;t&eacute;s arabo-musulmanes comme une d&eacute;pravation, c'est vrai, mais aussi comme une maladie de la virilit&eacute;. Alors que chez nous, l'homme doit &ecirc;tre un conqu&eacute;rant, un pilier. C'est aussi &ccedil;a qui d&eacute;range. C'est la honte. Du coup, beaucoup d'homos se d&eacute;guisent en machos avec leurs potes de quartier. C'est de l'hypocrisie : du fait de la s&eacute;paration hommes/femmes de notre soci&eacute;t&eacute;, nombreux sont les h&eacute;t&eacute;ros qui ont eu leur premi&egrave;re exp&eacute;rience sexuelle avec un partenaire du m&ecirc;me sexe. La fronti&egrave;re est plus t&eacute;nue qu'ailleurs. L'homosexuel ou la prostitution masculine, en Alg&eacute;rie, c'est aussi la sexualit&eacute; du pauvre ou de l'h&eacute;t&eacute;ro en manque. On se fait souvent draguer par des h&eacute;t&eacute;ros mari&eacute;s, faut pas croire &raquo;, affirme Abdelkader, discret militant de la cause.

<br /><br />Entre le r&ecirc;ve et l'affirmation de soi<br /><br />&laquo; On r&ecirc;ve de cette vie, quitter le bled pour vivre l&agrave; o&ugrave; l'identit&eacute; gay est accept&eacute;e et le droit prot&eacute;g&eacute;, un vrai paradis gay sur terre ! Mais je suis pr&ecirc;te &agrave; mener le combat ici m&ecirc;me si je sais qu'un jour, &ccedil;a me tombera sur la t&ecirc;te&hellip; &raquo;, &eacute;crit Fatima. La &laquo; harba &raquo; ou la lutte est un dilemme pour cette jeune femme, qui affirme son homosexualit&eacute; par petites touches, de ses tenues gothiques customis&eacute;es au pin's arc-en-ciel, symbole international des homosexuels, sur le sac de cours. Elle a fait son coming-out (r&eacute;v&eacute;lation de son homosexualit&eacute;) &agrave; trois de ses amis, qui n'ont pas chang&eacute; d'attitude envers elle depuis. &laquo; Ils m'ont accept&eacute;e comme je suis. En Alg&eacute;rie, ceux qui ont une certaine ouverture d'esprit et ceux qui se sont ouverts aux autres cultures nous acceptent mieux. Pour ce pays ferm&eacute; sur lui-m&ecirc;me, c'est rassurant &raquo;, raconte-t-elle. Effectivement, &agrave; Alger, comme dans de nombreuses grandes villes, la visibilit&eacute; des homosexuels grandit : dans cette capitale o&ugrave; l'anonymat contribue &agrave; l'aisance, certaines places bien connues sont devenues des lieux de rencontres diurnes. Il suffira d'un sourire pour cr&eacute;er le lien et entrer rapidement dans le &laquo; vif du sujet &raquo;. La clandestinit&eacute; ne permettant pas de longues tergiversations, les propositions sont &eacute;tonnamment directes. Une communaut&eacute; embryonnaire &eacute;merge donc, &agrave; travers Internet, se rencontre dans les caf&eacute;s ou les salons de th&eacute;, fr&eacute;quente des bo&icirc;tes de nuit &agrave; population mixte connues pour leur &laquo; accueil &raquo; indiff&eacute;renci&eacute;,&nbsp; les restaurants nocturnes &agrave; l'atmosph&egrave;re cossue ou les concerts de certaines icones du ra&iuml;. La r&eacute;v&eacute;lation de son homosexualit&eacute; se fait entre amis, dans le cercle intime, aupr&egrave;s d'une tante moins traditionnaliste ou d'un cousin compr&eacute;hensif. Si la prudence reste de mise dans son quartier et est souvent vitale au sein du noyau familial, un espace de libert&eacute; priv&eacute;e, vital lui aussi, s'ouvre, m&ecirc;lant homosexuels et h&eacute;t&eacute;rosexuels. &laquo; Il y a vingt ans, un homo, dans mon quartier, on lui lan&ccedil;ait des pierres. Aujourd'hui, on lui parle normal. Je ne sais pas si c'est bien mais c'est comme &ccedil;a &raquo;, constate Azzedine, perplexe. &laquo; Redwane est comme il est, c'est mon ami, je ne fais pas abstraction de son homosexualit&eacute;, je n'en fais pas un plat non plus. &Ccedil;a lui appartient, c'est tout. Quand on aime les gens, on ne fait pas le tri &raquo;, confie pudiquement Mus', qui esquive cependant discr&egrave;tement un geste amical un peu appuy&eacute; de son camarade. Mais si l'acceptation et la mixit&eacute; sociale sont en marche, les difficult&eacute;s, notamment au sein de la famille, restent &eacute;normes. &laquo; Mon fr&egrave;re a trouv&eacute; une lettre d'amour d'un ex. Il ne m'a plus jamais adress&eacute; la parole. Je ne comprenais pas pourquoi, jusqu'&agrave; ce qu'il me croise avec un ami pas tr&egrave;s loin de mon quartier. En pleine rue, il m'a frapp&eacute; et m'a menac&eacute; de tout r&eacute;v&eacute;ler &agrave; mes parents. C'&eacute;tait intenable, je suis parti. Et j'ai pas mal gal&eacute;r&eacute; &raquo;, raconte pudiquement Momo, les larmes aux yeux. &laquo; Je suis alg&eacute;rien, musulman et homo, autant dire un extraterrestre sous antid&eacute;presseurs &raquo;, conclut-il cyniquement. Et pour nombre d'entre eux, leur plan&egrave;te est ailleurs, de l'autre c&ocirc;t&eacute; des fronti&egrave;res, de l'autre c&ocirc;t&eacute; de l'exil. Mais s'expatrier n'est pas si simple : &laquo; Pour faire une demande d'asile en tant qu'homosexuel en France, il faut apporter des preuves de pers&eacute;cutions personnelles et prouver que l'on court des risques sur l'ensemble du territoire alg&eacute;rien, c'est-&agrave;-dire qu'on a d&eacute;m&eacute;nag&eacute; plusieurs fois et qu'on a subi partout des harc&egrave;lements &raquo;, explique Hugues, membre d'une association fran&ccedil;aise qui travaille &agrave; la reconnaissance du droit &agrave; l'immigration et au s&eacute;jour des personnes homosexuelles. Les cas qui aboutissent sont rares, mais nombreuses sont les associations europ&eacute;ennes qui &oelig;uvrent discr&egrave;tement et parfois ill&eacute;galement &agrave; l'accueil des &eacute;trangers homosexuels.&nbsp; &laquo; Notre enfermement est multiple, territorial, familial, religieux, intime. Le pire est de r&eacute;aliser que dans ce pays o&ugrave; je suis n&eacute;, mon homosexualit&eacute; est un crime mais l'homophobie, m&ecirc;me la plus violente, non. M&ecirc;me les ligues de droits de l'homme se d&eacute;sint&eacute;ressent de notre cas. J'aimerais partir mais j'ai une fille &agrave; &eacute;lever, elle n'a rien demand&eacute;. Et si je d&eacute;voile ma sexualit&eacute;, j'ai peur qu'on l'&eacute;l&egrave;ve dans la haine de son p&egrave;re. Je ne sais pas quoi faire. Alors, j'essaye de me battre, d'agir, de rassembler. On me dit que je suis fou mais tout &ccedil;a prend vraiment forme. Ma religion veut des hommes conqu&eacute;rants ? A ma fa&ccedil;on, j'en suis un &raquo;, sourit Karim. Et, l'&oelig;il rieur, il cite une phrase de Tahar Ben Jelloun : &laquo; La nature cr&eacute;e des diff&eacute;rences, la soci&eacute;t&eacute; en fait des in&eacute;galit&eacute;s. &raquo;

<br /><br clear="all" />]]></content:encoded>
	   
    <dc:creator><![CDATA[Delphine Gourlay]]></dc:creator>
    <dc:language>fr</dc:language>
    <dc:date>2007-09-17T18:22:19+01:00</dc:date>
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    <title><![CDATA[&#1608;&#1575;&#1588; &#1580;&#1575;&#1576; &#1604;&#1580;&#1575;&#1576; &#1567;]]></title>
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				 <content:encoded><![CDATA[<p align="right" style="text-align: right;" class="MsoNormal"><span dir="rtl"></span><span lang="AR-DZ" style="font-size: 16pt;" dir="rtl"><!--[if !supportEmptyParas]--> </span><span lang="AR-DZ" style="font-size: 16pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;;" dir="rtl">&#1606;&#1602;&#1588;&#1548; &#1593;&#1591;&#1575;&#1610;&#1548; &#1606;&#1610;&#1575;&#1603;&#1548; &#1581;&#1604;&#1608;&#1577;&#1548; 106&#1548; &#1586;&#1575;&#1605;&#1604;&#1548; &#1605;&#1586;&#1577;...&#1575;&#1604;&#1582;</span><span lang="AR-DZ" style="font-size: 16pt;" dir="rtl"></span><span lang="AR-DZ" style="font-size: 16pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;;" dir="rtl"> </span></p>
<p align="right" style="text-align: right;" class="MsoNormal"><span lang="AR-DZ" style="font-size: 16pt;" dir="rtl">&#1578;&#1593;&#1583;&#1583;&#1578; &#1575;&#1604;&#1571;&#1587;&#1605;&#1575;&#1569; &#1608; &#1575;&#1604;&#1605;&#1583;&#1604;&#1608;&#1604; &#1608;&#1575;&#1581;&#1583; &#1608; &#1578;&#1591;&#1604;&#1602; &#1593;&#1604;&#1609; &#1575;&#1604;&#1585;&#1580;&#1575;&#1604; &#1575;&#1604;&#1584;&#1610;&#1606; &#1604;&#1607;&#1605; &#1575;&#1606;&#1580;&#1584;&#1575;&#1576; &#1606;&#1581;&#1608; &#1585;&#1580;&#1575;&#1604; &#1570;&#1582;&#1585;&#1608;&#1606; &#1571;&#1610; &#1571;&#1588;&#1582;&#1575;&#1589; &#1605;&#1606; &#1606;&#1601;&#1587; &#1575;&#1604;&#1580;&#1606;&#1587;<o:p></o:p></span></p>
<p align="right" style="text-align: right;" class="MsoNormal"><span lang="AR-DZ" style="font-size: 16pt;" dir="rtl">&#1608; &#1610;&#1608;&#1589;&#1601;&#1608;&#1606; &#1576;&#1575;&#1604;&#1588;&#1608;&#1575;&#1584; &#1608; &#1571;&#1606;&#1607;&#1605; &#1605;&#1582;&#1575;&#1604;&#1601;&#1608;&#1606; &#1604;&#1604;&#1591;&#1576;&#1610;&#1593;&#1577; &#1571;&#1604;&#1575; &#1571;&#1606;&#1607;&#1605; &#1610;&#1593;&#1610;&#1588;&#1608;&#1606; &#1576;&#1587;&#1604;&#1575;&#1605; &#1601;&#1610; &#1575;&#1604;&#1583;&#1608;&#1604; &#1575;&#1604;&#1605;&#1578;&#1602;&#1583;&#1605;&#1577; &#1605;&#1579;&#1604; &#1603;&#1606;&#1583;&#1575; &#1581;&#1610;&#1579; &#1610;&#1605;&#1603;&#1606;&#1607;&#1605; &#1575;&#1604;&#1586;&#1608;&#1575;&#1580; &#1608; &#1578;&#1576;&#1606;&#1610; &#1575;&#1604;&#1571;&#1591;&#1601;&#1575;&#1604; &#1608; &#1603;&#1584;&#1575; &#1601;&#1610; &#1607;&#1608;&#1604;&#1606;&#1583;&#1575;&#1548; &#1576;&#1604;&#1580;&#1610;&#1603;&#1575; &#1608; &#1575;&#1587;&#1576;&#1575;&#1606;&#1610;&#1575; &#1608; &#1575;&#1604;&#1583;&#1606;&#1605;&#1585;&#1603; &#1608; &#1575;&#1604;&#1606;&#1605;&#1587;&#1575; &#1608; &#1571;&#1604;&#1605;&#1575;&#1606;&#1610;&#1575; &#1576;&#1610;&#1606;&#1605;&#1575; &#1601;&#1610; &#1601;&#1585;&#1606;&#1587;&#1575; &#1601;&#1610;&#1587;&#1605;&#1581; &#1604;&#1607;&#1605; &#1575;&#1604;&#1575;&#1585;&#1578;&#1576;&#1575;&#1591; &#1605;&#1583;&#1606;&#1610;&#1575; &#1608; &#1575;&#1604;&#1581;&#1589;&#1608;&#1604; &#1593;&#1604;&#1609; &#1576;&#1593;&#1590; &#1575;&#1604;&#1581;&#1602;&#1608;&#1602; &#1603;&#1575;&#1604;&#1605;&#1610;&#1585;&#1575;&#1579; &#1608; &#1575;&#1604;&#1581;&#1602; &#1601;&#1610; &#1575;&#1604;&#1590;&#1605;&#1575;&#1606; &#1575;&#1604;&#1575;&#1580;&#1578;&#1605;&#1575;&#1593;&#1610;.<o:p></o:p></span></p>
<p align="right" style="text-align: right;" class="MsoNormal"><span lang="AR-DZ" style="font-size: 16pt;" dir="rtl">&#1571;&#1605;&#1575; &#1601;&#1610; &#1575;&#1604;&#1583;&#1608;&#1604; &#1575;&#1604;&#1593;&#1585;&#1576;&#1610;&#1577; &#1608; &#1575;&#1604;&#1605;&#1578;&#1582;&#1604;&#1601;&#1577; &#1601;&#1604;&#1575; &#1610;&#1586;&#1575;&#1604;&#1608;&#1606; &#1610;&#1591;&#1575;&#1585;&#1583;&#1608;&#1606;&#1607;&#1605; &#1608; &#1610;&#1585;&#1605;&#1608;&#1606;&#1607;&#1605; &#1576;&#1575;&#1604;&#1581;&#1580;&#1575;&#1585;&#1577; &#1608; &#1605;&#1575; &#1607;&#1584;&#1575; &#1576;&#1585;&#1575;&#1580;&#1593; &#1573;&#1604;&#1575; &#1604;&#1579;&#1602;&#1575;&#1601;&#1578;&#1607;&#1605; &#1575;&#1604;&#1605;&#1606;&#1581;&#1591;&#1577; &#1608; &#1575;&#1604;&#1605;&#1606;&#1594;&#1604;&#1602;&#1577; &#1608; &#1575;&#1604;&#1605;&#1606;&#1591;&#1608;&#1610;&#1577; &#1604;&#1604;&#1571;&#1587;&#1601; &#1578;&#1593;&#1610;&#1588; &#1575;&#1604;&#1571;&#1593;&#1585;&#1575;&#1576; &#1570;&#1607; &#1593;&#1601;&#1608;&#1575; &#1602;&#1589;&#1583;&#1578; &#1575;&#1604;&#1593;&#1585;&#1576; <span style="">&nbsp;</span>&#1605;&#1585;&#1581;&#1604;&#1577; &#1601;&#1585;&#1575;&#1594; &#1579;&#1602;&#1575;&#1601;&#1610; &#1608; &#1601;&#1603;&#1585;&#1610; &#1605;&#1604;&#1571;&#1578; &#1602;&#1608;&#1575;&#1605;&#1610;&#1587;&#1607;&#1605; &#1576;&#1571;&#1604;&#1601;&#1575;&#1592; &#1575;&#1604;&#1593;&#1606;&#1601;&#1548; &#1575;&#1604;&#1573;&#1585;&#1607;&#1575;&#1576; &#1608; &#1575;&#1604;&#1581;&#1585;&#1608;&#1576; &#1571;&#1610;&#1606; &#1607;&#1608; &#1578;&#1605;&#1579;&#1575;&#1604; &#1571;&#1576;&#1608; &#1606;&#1608;&#1575;&#1587; &#1601;&#1610; &#1576;&#1594;&#1583;&#1575;&#1583; &#1575;&#1604;&#1584;&#1610; &#1604;&#1591;&#1575;&#1604;&#1605;&#1575; &#1603;&#1575;&#1606; &#1588;&#1575;&#1593;&#1585;&#1575; &#1593;&#1585;&#1576;&#1610;&#1575; &#1585;&#1605;&#1586;&#1575; &#1604;&#1604;&#1581;&#1576; &#1608; &#1575;&#1604;&#1605;&#1579;&#1608;&#1604; &#1575;&#1604;&#1580;&#1606;&#1587;&#1610; &#1567;<o:p></o:p></span></p>
<p align="right" style="text-align: right;" class="MsoNormal"><span lang="AR-DZ" style="font-size: 16pt;" dir="rtl">&#1601;&#1605;&#1575; &#1610;&#1587;&#1578;&#1581;&#1602; &#1575;&#1604;&#1584;&#1603;&#1585; &#1608; &#1575;&#1604;&#1578;&#1588;&#1580;&#1610;&#1593; &#1607;&#1608; &#1571;&#1606; &#1601;&#1610; &#1604;&#1576;&#1606;&#1575;&#1606; &#1607;&#1606;&#1575;&#1603; &#1605;&#1606;&#1592;&#1605;&#1575;&#1578; &#1578;&#1581;&#1605;&#1610; &#1608; &#1578;&#1583;&#1575;&#1601;&#1593; &#1593;&#1604;&#1609; &#1581;&#1602;&#1608;&#1602; &#1575;&#1604;&#1605;&#1579;&#1608;&#1604;&#1610;&#1610;&#1606; <span style="">&nbsp;</span>&#1605;&#1579;&#1604; &quot;&#1605;&#1606;&#1592;&#1605;&#1577; &#1581;&#1604;&#1605;&quot; &#1608; &#1603;&#1584;&#1604;&#1603; &#1601;&#1610; &#1575;&#1604;&#1571;&#1585;&#1583;&#1606; &#1581;&#1610;&#1579; &#1610;&#1606;&#1593;&#1583;&#1605; &#1571;&#1610; &#1602;&#1575;&#1606;&#1608;&#1606; &#1610;&#1606;&#1589; &#1593;&#1604;&#1609; &#1605;&#1593;&#1575;&#1602;&#1576;&#1577; &#1575;&#1604;&#1605;&#1579;&#1608;&#1604;&#1610;&#1610;&#1606;<o:p></o:p></span></p>
<p align="right" style="text-align: right;" class="MsoNormal"><span lang="AR-DZ" style="font-size: 16pt;" dir="rtl">&#1571;&#1605;&#1575; &#1575;&#1604;&#1583;&#1608;&#1604; &#1575;&#1604;&#1571;&#1582;&#1585;&#1609; &#1601;&#1604;&#1575; &#1578;&#1587;&#1578;&#1581;&#1602; &#1575;&#1604;&#1584;&#1603;&#1585;<o:p></o:p></span></p>
<p align="right" style="text-align: right;" class="MsoNormal"><span lang="AR-DZ" style="font-size: 16pt;" dir="rtl">&#1585;&#1594;&#1605; &#1578;&#1593;&#1575;&#1591;&#1601;&#1606;&#1575; &#1605;&#1593; &#1573;&#1582;&#1608;&#1575;&#1606;&#1606;&#1575; &#1608; &#1571;&#1582;&#1608;&#1575;&#1578;&#1606;&#1575; &#1575;&#1604;&#1604;&#1584;&#1610;&#1606; &#1610;&#1593;&#1575;&#1606;&#1608;&#1606; &#1605;&#1606; &#1575;&#1604;&#1578;&#1607;&#1605;&#1610;&#1588; &#1608; &#1575;&#1590;&#1591;&#1607;&#1575;&#1583; &#1575;&#1604;&#1571;&#1606;&#1592;&#1605;&#1577; &#1575;&#1604;&#1583;&#1603;&#1578;&#1575;&#1578;&#1608;&#1585;&#1610;&#1577; <o:p></o:p></span></p>
<p align="right" style="text-align: right;" class="MsoNormal"><span lang="AR-DZ" style="font-size: 16pt;" dir="rtl"><!--[if !supportEmptyParas]--> <br /></span></p>
<p align="right" style="text-align: right;" class="MsoNormal"><span lang="AR-DZ" style="font-size: 16pt;" dir="rtl"><!--[endif]--><o:p></o:p></span></p>
<p align="right" style="text-align: right;" class="MsoNormal"><span lang="AR-DZ" style="font-size: 16pt;" dir="rtl">&#1575;&#1578;&#1581;&#1575;&#1583; &#1575;&#1604;&#1605;&#1579;&#1608;&#1604;&#1610;&#1610;&#1606; &#1575;&#1604;&#1580;&#1586;&#1575;&#1574;&#1585;&#1610;&#1610;&#1606;<img src="http://idata.blogmaster.fr/0/03/54/08/talwit_d_tayri.jpg" alt="" class="GcheTexte" /><o:p></o:p></span></p>
<p align="right" style="text-align: right;" class="MsoNormal"><span style="font-size: 16pt;">Tadukli n homo-izfanen idzayriyen<o:p></o:p></span></p>
<p align="right" style="text-align: right;" class="MsoNormal"><span style="font-size: 16pt;">Union des homosexuels alg&eacute;riens</span><span style=""><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span dir="rtl"></span><span lang="AR-DZ" style="" dir="rtl"><!--[if !supportEmptyParas]-->&nbsp;<!--[endif]--><span dir="rtl"></span><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="AR-DZ" style="" dir="rtl"><!--[if !supportEmptyParas]-->&nbsp;<!--[endif]--><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="AR-DZ" style="" dir="rtl"><!--[if !supportEmptyParas]-->&nbsp;<!--[endif]--><o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="AR-DZ" style="" dir="rtl"><span style="">&nbsp; </span><o:p></o:p></span></p>]]></content:encoded>
	   
    <dc:creator><![CDATA[&#1575;&#1578;&#1581;&#1575;&#1583; &#1575;&#1604;&#1605;&#1579;&#1608;&#1604;&#1610;&#1610;&#1606;]]></dc:creator>
    <dc:language>fr</dc:language>
    <dc:date>2007-09-16T21:07:01+01:00</dc:date>
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  <item rdf:about="http://tislitnwenzar.dzblog.com/article-178418.html">
    <title><![CDATA[Communauté des homosexuels en Algérie]]></title>
    <link>http://tislitnwenzar.dzblog.com/article-178418.html</link>
				 <content:encoded><![CDATA[Paru &agrave; &quot;El Watan&quot;<br />le 03/09/2007<br /><br />&laquo; Nous sommes tous des passagers clandestins &raquo; <br /><br /><br />Si l'homosexualit&eacute; reste aujourd'hui un tabou important, les homosexuels sont sortis de leur isolement, gr&acirc;ce &agrave; Internet, et une communaut&eacute; discr&egrave;te &eacute;merge dans les grandes villes du pays l Bien que la pratique soit d&eacute;finie comme &laquo; acte contre nature &raquo; et criminalis&eacute;e par les articles 333 et 338 du code p&eacute;nal, les homosexuels, contraints g&eacute;n&eacute;ralement &agrave; mener une double vie, tentent d'adapter leur identit&eacute; &agrave; une soci&eacute;t&eacute; qui les marginalise et les tol&egrave;re tout &agrave; la fois. <br />Nous sommes devenus des experts en mensonges, des schizophr&egrave;nes &agrave; l'image de la soci&eacute;t&eacute; alg&eacute;rienne tout enti&egrave;re. &raquo; C'est sur cette phrase, ou presque, que Karim d&eacute;bute le r&eacute;cit de sa vie, &eacute;mu et volubile dans le d&eacute;cor pastel d'un salon de th&eacute;. Trentenaire, aide-soignant &agrave; Constantine, mari&eacute; depuis 4 ans et p&egrave;re d'une petite fille, il a pu nommer, &agrave; l'&acirc;ge de 12 ans, au hasard d'un livre m&eacute;dical sur La psychologie de l'anormal, ce d&eacute;sir naissant et cette &eacute;trange sensation d'&ecirc;tre unique qui le taraudait depuis longtemps : l'homosexualit&eacute;. D&egrave;s lors, un long et chaotique parcours de culpabilit&eacute; commence : de fugues en&nbsp; visites chez des psys, de confidences &eacute;vasives &agrave; une m&egrave;re qui le met sous surveillance &agrave; une pratique soudaine et excessive des commandements religieux, d'espoirs en d&eacute;pressions, Karim tente, plusieurs fois, de mettre fin &agrave; sa vie, une vie o&ugrave; il a pourtant connu neuf ann&eacute;es d'un amour intense avec un homme qui a fini par &eacute;pouser&hellip; sa s&oelig;ur. Press&eacute; par ses parents, il se r&eacute;signe &agrave; se marier avec une femme dont il ne partage plus la chambre. &laquo; Ce mariage, je l'ai v&eacute;cu comme un viol. Ma femme, je ne peux pas la rendre heureuse. Je ne peux pas. &raquo; Pour exister derri&egrave;re le masque et trouver une issue identitaire &agrave; la n&eacute;gation sociale, il &eacute;crit, cr&eacute;e des r&eacute;seaux, milite clandestinement, notamment &agrave; travers la cr&eacute;ation d'un blog et l'ouverture d'un cybercaf&eacute; qui serait, comme beaucoup d'autres et en toute discr&eacute;tion, &laquo; un refuge, un repos &raquo;. &laquo; Internet a &eacute;t&eacute; un vrai soulagement pour nous, explique-t-il. &ccedil;a nous a sortis d'un isolement mortel. &raquo; Il a d'ailleurs trouv&eacute; son homme du moment, sur un site de rencontres tr&egrave;s pris&eacute;. Quelques heures plus tard, adoss&eacute; &agrave; la banquette moelleuse d'un bar de nuit enfum&eacute;, Redwane, jeune &eacute;crivain truculent et raffin&eacute;, s'&eacute;gosille malicieusement sur : &laquo; Je suis un homo, comme ils disent &raquo;, la c&eacute;l&egrave;bre chanson de Charles Aznavour. L'univers amical et festif, ce soir, essentiellement h&eacute;t&eacute;rosexuel et f&eacute;minin, o&ugrave;&nbsp; il &eacute;volue en toute libert&eacute;, c'est la part officieuse de sa vie : &laquo; Si mes parents savaient, ils me tueraient carr&eacute;ment. &raquo; Exemples de doubles vies d&eacute;clinables &agrave; l'envi. Ce ph&eacute;nom&egrave;ne souterrain mais r&eacute;el et inscrit dans le champ des pratiques sociales invisibles s'estompe au fur et &agrave; mesure que l'on monte dans les sph&egrave;res de la soci&eacute;t&eacute;. Kamel, la trentaine, &eacute;l&eacute;gant, travaille dans une importante soci&eacute;t&eacute; &eacute;trang&egrave;re. Il conna&icirc;t Paris et son quartier c&eacute;l&egrave;bre du Marais, mais l'&eacute;voque dans une moue indolente : &laquo; Alger est infiniment plus dr&ocirc;le. &raquo; Son plaisir &agrave; lui, c'est la finition haute couture, l'originalit&eacute; et l'allure. &laquo; Il faut oser. Ces v&ecirc;tements, c'est comme une armure. Je peux arriver au boulot avec un costume rose, personne n'osera me poser de questions. &raquo;. &laquo; Et la famille ? &raquo; &laquo; Les choses sont claires, on ne s'&eacute;tale pas. &raquo; Autant d'&eacute;l&eacute;ments qui, de son point de vue, le distinguent des &laquo; cas sociaux &raquo;, comme il les nomme n&eacute;gligemment.

<br /><br />D&eacute;ni l&eacute;gal, d&eacute;ni social<br /><br />Si en Alg&eacute;rie comme ailleurs l'homosexualit&eacute; est plurielle, la r&eacute;ponse est la m&ecirc;me pour tous : articles 333 et 338 du code p&eacute;nal. Lorsque l'outrage public &agrave; la pudeur, puni de deux mois &agrave; deux ans d'emprisonnement et d'une amende de 500 &agrave; 2000 DA, consiste &laquo; en un acte contre nature avec un individu du m&ecirc;me sexe &raquo;, la peine passe de six mois &agrave; trois ann&eacute;es de prison et d'une amende de 1000 &agrave; 10 000 DA. Et l'article 338 punit tout acte d'homosexualit&eacute; de 2 mois &agrave; 2 ans de prison et de 500 &agrave; 2000 DA d'amende. &laquo; En criminalisant notre sexualit&eacute;, on criminalise notre identit&eacute; toute enti&egrave;re, notre quotidien, notre vie. On nous r&eacute;duit &agrave; un acte sexuel. Du coup, on a du mal &agrave; se voir autrement, &agrave; s'accepter &raquo;, souligne Momo, jeune et fragile &eacute;tudiant en droit &agrave; Alger, crois&eacute; dans un caf&eacute;. Impossible avec cette loi de cr&eacute;er une association ou d'ouvrir un lieu ouvertement destin&eacute; &agrave; cette population. En cons&eacute;quence, par exemple, nombre d'associations de pr&eacute;vention et de lutte contre le VIH n'osent pas s'aventurer, sous peine d'amalgames compromettants, dans une d&eacute;marche de travail officielle vers la communaut&eacute; homosexuelle. &laquo; J'ai contact&eacute; une association f&eacute;minine pour l'&eacute;panouissement de la personne et l'exercice de la citoyennet&eacute;. Elles n'ont pas souhait&eacute; me r&eacute;pondre &raquo;, raconte Fatima, jeune &eacute;tudiante de T&eacute;bessa, spontan&eacute;e, combative et qui aime les femmes. Dans les grandes villes, cependant, divers lieux sont confidentiellement destin&eacute;s &agrave; la population homosexuelle et, de fait, discr&eacute;tion oblige, la client&egrave;le est mixte, ce qui permet un brassage permanent des identit&eacute;s. Mais, plus grave, cette rel&eacute;gation de l'homosexualit&eacute; au rang des comportements ill&eacute;gaux se double d'une impossibilit&eacute; d'acc&egrave;s aux droits les plus &eacute;vidents : &laquo; Il y a quelques ann&eacute;es, j'ai subi une tentative de viol par un ancien camarade d'&eacute;cole mari&eacute;. Comme je me suis d&eacute;fendu, il a paniqu&eacute;, il a essay&eacute; de m'&eacute;craser avec sa voiture. Je ne peux pas porter plainte. Tu imagines un flic remplir gentiment son proc&egrave;s-verbal ? Laisse tomber. On a toujours &eacute;t&eacute; &agrave; la fois la cible des int&eacute;gristes et les victimes de la police &raquo;, explique Karim dans un sourire amer. &laquo; Cette loi est une &eacute;p&eacute;e au-dessus de nos t&ecirc;tes et elle donne raison &agrave; tous de nous maltraiter &raquo;, conclut-il. Pourtant, l'existence des articles 333 et 338 est assez m&eacute;connue, m&ecirc;me par les premiers concern&eacute;s. C'est qu'ils sont, dans les faits, peu appliqu&eacute;s. Ils ne font que couronner un climat de peur, de honte ou de malaise qui est, en fait, entretenu par une censure sociale, familiale et religieuse concernant la sexualit&eacute; en g&eacute;n&eacute;ral et les comportements sexuels dits &laquo; d&eacute;viants &raquo; en particulier,&nbsp; consid&eacute;r&eacute;s globalement comme un danger pour l'ordre social et la pr&eacute;servation de la culture musulmane. &laquo; Franchement, en soi, l'homosexualit&eacute; me d&eacute;go&ucirc;te carr&eacute;ment, explique Amin, jeune mari&eacute; moderne. J'ai pourtant eu un voisin homo d'un certain &acirc;ge qui &eacute;tait quelqu'un de tr&egrave;s bien. Il n'en faisait pas &eacute;talage, il rendait tout le temps service, normal. En fait, si on n'accepte pas cette sexualit&eacute;, c'est qu'on a peur qu'ensuite &ccedil;a prenne de l'ampleur et qu'il y ait un oubli progressif&nbsp; des valeurs musulmanes qui sont notre force identitaire et culturelle. &raquo; Cette peur se traduit par l'existence d'un cadre l&eacute;gislatif clair, qui s'appuie sur la charia islamique et n'envisage la sexualit&eacute; que sous l'angle de la procr&eacute;ation dans le cadre du mariage. &laquo; Il n'y a rien de positif dans cet acte contre nature, affirme le conseiller en communication du ministre des Affaires religieuses. Il faut encourager la croissance d&eacute;mographique et donc encourager le mariage entre l'homme et la femme, c'est cela qui est conforme &agrave; toutes les&nbsp; lois du monde et aux lois de toutes les religions monoth&eacute;istes. &raquo; Le conseiller du ministre estime ainsi que sur tout le territoire alg&eacute;rien, ils ne sont pas plus de 2000, un chiffre qui, sur une population d'environ 35 millions de personnes, en fait implicitement une minorit&eacute; n&eacute;gligeable,&nbsp; logiquement marginalis&eacute;e. De visu, ce chiffre est largement contestable et contest&eacute; par de nombreuses associations &eacute;trang&egrave;res qui estiment de fa&ccedil;on g&eacute;n&eacute;rale que la population homosexuelle repr&eacute;sente au moins 6 &agrave; 8% de la population globale de chaque pays du monde. Mais dans ce contexte o&ugrave; l'identit&eacute; homosexuelle ne peut &ecirc;tre ouvertement d&eacute;clar&eacute;e, une &eacute;tude chiffr&eacute;e fiable n'a jamais pu &ecirc;tre effectu&eacute;e. &laquo; Dans un pays o&ugrave; on chasse les amoureux des parcs, quand il y a une visite d'un chef d'Etat, comment veux-tu qu'on tol&egrave;re ouvertement les ''nekoucha'' ? &raquo;, s'esclaffe Redwane.

<br /><br />Rejet religieux et maladie morale<br /><br />&laquo; L'Alg&eacute;rie est un pays musulman. La religion accompagne la vie quotidienne. Si tu rajoutes les traditions, le tout m&eacute;lang&eacute; &agrave; l'hypocrisie&hellip; Ils connaissent notre existence mais ouvrir le d&eacute;bat, c'est inenvisageable pour eux, c'est contre nature, point &agrave; la ligne, d&eacute;brouillez-vous ! &raquo;, temp&ecirc;te Fatima. N&eacute;anmoins, nombreux sont ceux et celles qui souhaitent rester clandestins. &laquo; Pour vivre heureux, vivons cach&eacute;s &raquo; est une expression qui revient souvent. &laquo; Ils ont peur d'&ecirc;tre amalgam&eacute;s avec les &quot;folles&quot; ou les &quot;transgenres&quot;, qui s'assument d'ailleurs radicalement, et les prostitu&eacute;s, qui le sont souvent devenus apr&egrave;s s'&ecirc;tre fait jeter de leur famille. Ils pensent que la clandestinit&eacute; est la seule libert&eacute; &agrave; laquelle ils peuvent aspirer. Mais la libert&eacute;, ce n'est pas &ccedil;a ! On ne veut pas une gay-pride ou le droit de s'embrasser en pleine rue. Nous sommes aussi des musulmans, m&ecirc;me si, du coup, notre orientation peut rendre notre rapport &agrave; Dieu tr&egrave;s compliqu&eacute;. On d&eacute;sire juste avoir le droit &agrave; la diff&eacute;rence et &agrave; la d&eacute;p&eacute;nalisation de notre identit&eacute;. &ccedil;a prendra un temps fou &raquo;, pr&eacute;cise calmement Karim. Cette revendication semble bien outranci&egrave;re &agrave; l'imam Youssef El Qaradhawi, id&eacute;ologue des Fr&egrave;res musulmans et auteur du livre Le licite et l'Illicite o&ugrave; l'on peut lire que, si les opinions des juristes de l'Islam diverg&egrave;rent concernant &laquo; les punitions de cette abominable pratique &raquo;, le meurtre des homosexuels &laquo; n'est qu'un moyen pour &eacute;purer la soci&eacute;t&eacute; islamique de ces &ecirc;tres nocifs qui ne conduisent qu'&agrave; la perte de l'humanit&eacute; &raquo;. Cette lecture fondamentaliste du texte sacr&eacute;, que tous les musulmans ne partagent certes pas, nous a &eacute;t&eacute; confirm&eacute;e par le mufti Yahia, au minist&egrave;re des Affaires religieuses (cf. article ci-contre) : &laquo; L'homosexualit&eacute; est une inversion contraire &agrave; la nature qu'il faut soigner et, litt&eacute;ralement, dans le texte, punie de mort. Comment, d&egrave;s lors, ne pas percevoir cette pratique comme une aberration ? &raquo; &laquo; On en est tous impr&eacute;gn&eacute;s, raconte Karim. Pour ma premi&egrave;re tentative de suicide, j'ai voulu me jeter du haut d'un ravin avec la voiture de mon p&egrave;re. J'avais 18 ans. Depuis, j'ai appris que l'Islam punit l'homosexuel en le jetant du haut d'une falaise. C'est marrant, non ? &raquo; Ce refoulement de l'homosexualit&eacute; en tant que pratique non conforme &agrave; la loi de Dieu aboutit parfois &agrave; la th&eacute;orie d'une homosexualit&eacute; import&eacute;e d'Occident, &laquo; tare de la race blanche &raquo;, amalgam&eacute;e avec la maladie mentale, voire la maladie morale, comme incapacit&eacute; de r&eacute;sistance &agrave; une pulsion ou &agrave; la p&eacute;dophilie. Au mieux, comme on peut le lire sur les nombreux forums de discussion de sites religieux, o&ugrave; le sujet est d'ailleurs r&eacute;guli&egrave;rement examin&eacute; avec une docte bienveillance, l'homosexualit&eacute; est une maladie ou une d&eacute;viation du droit chemin qu'il faut accompagner et gu&eacute;rir, notamment par le &laquo; sabar &raquo;. &laquo; Je ne suis pas malade. Ma sexualit&eacute; n'est pas un choix ni une mal&eacute;diction. Je suis comme &ccedil;a. Point &raquo;, mart&egrave;le Momo qui, paradoxalement, dit comprendre la lapidation des homosexuels et souhaite se marier un jour, afin d'&ecirc;tre en accord avec sa religion. Pour la majorit&eacute; d'entre eux, la clandestinit&eacute; est donc la seule voie : &laquo; Je m'assume mais m'afficher, c'est impossible &raquo;, explique Fatima. &laquo; L'homosexualit&eacute; est essentiellement envisag&eacute;e sous l'angle masculin. Elle est v&eacute;cue dans les soci&eacute;t&eacute;s arabo-musulmanes comme une d&eacute;pravation, c'est vrai, mais aussi comme une maladie de la virilit&eacute;. Alors que chez nous, l'homme doit &ecirc;tre un conqu&eacute;rant, un pilier. C'est aussi &ccedil;a qui d&eacute;range. C'est la honte. Du coup, beaucoup d'homos se d&eacute;guisent en machos avec leurs potes de quartier. C'est de l'hypocrisie : du fait de la s&eacute;paration hommes/femmes de notre soci&eacute;t&eacute;, nombreux sont les h&eacute;t&eacute;ros qui ont eu leur premi&egrave;re exp&eacute;rience sexuelle avec un partenaire du m&ecirc;me sexe. La fronti&egrave;re est plus t&eacute;nue qu'ailleurs. L'homosexuel ou la prostitution masculine, en Alg&eacute;rie, c'est aussi la sexualit&eacute; du pauvre ou de l'h&eacute;t&eacute;ro en manque. On se fait souvent draguer par des h&eacute;t&eacute;ros mari&eacute;s, faut pas croire &raquo;, affirme Abdelkader, discret militant de la cause.

<br /><br />Entre le r&ecirc;ve et l'affirmation de soi<br /><br />&laquo; On r&ecirc;ve de cette vie, quitter le bled pour vivre l&agrave; o&ugrave; l'identit&eacute; gay est accept&eacute;e et le droit prot&eacute;g&eacute;, un vrai paradis gay sur terre ! Mais je suis pr&ecirc;te &agrave; mener le combat ici m&ecirc;me si je sais qu'un jour, &ccedil;a me tombera sur la t&ecirc;te&hellip; &raquo;, &eacute;crit Fatima. La &laquo; harba &raquo; ou la lutte est un dilemme pour cette jeune femme, qui affirme son homosexualit&eacute; par petites touches, de ses tenues gothiques customis&eacute;es au pin's arc-en-ciel, symbole international des homosexuels, sur le sac de cours. Elle a fait son coming-out (r&eacute;v&eacute;lation de son homosexualit&eacute;) &agrave; trois de ses amis, qui n'ont pas chang&eacute; d'attitude envers elle depuis. &laquo; Ils m'ont accept&eacute;e comme je suis. En Alg&eacute;rie, ceux qui ont une certaine ouverture d'esprit et ceux qui se sont ouverts aux autres cultures nous acceptent mieux. Pour ce pays ferm&eacute; sur lui-m&ecirc;me, c'est rassurant &raquo;, raconte-t-elle. Effectivement, &agrave; Alger, comme dans de nombreuses grandes villes, la visibilit&eacute; des homosexuels grandit : dans cette capitale o&ugrave; l'anonymat contribue &agrave; l'aisance, certaines places bien connues sont devenues des lieux de rencontres diurnes. Il suffira d'un sourire pour cr&eacute;er le lien et entrer rapidement dans le &laquo; vif du sujet &raquo;. La clandestinit&eacute; ne permettant pas de longues tergiversations, les propositions sont &eacute;tonnamment directes. Une communaut&eacute; embryonnaire &eacute;merge donc, &agrave; travers Internet, se rencontre dans les caf&eacute;s ou les salons de th&eacute;, fr&eacute;quente des bo&icirc;tes de nuit &agrave; population mixte connues pour leur &laquo; accueil &raquo; indiff&eacute;renci&eacute;,&nbsp; les restaurants nocturnes &agrave; l'atmosph&egrave;re cossue ou les concerts de certaines icones du ra&iuml;. La r&eacute;v&eacute;lation de son homosexualit&eacute; se fait entre amis, dans le cercle intime, aupr&egrave;s d'une tante moins traditionnaliste ou d'un cousin compr&eacute;hensif. Si la prudence reste de mise dans son quartier et est souvent vitale au sein du noyau familial, un espace de libert&eacute; priv&eacute;e, vital lui aussi, s'ouvre, m&ecirc;lant homosexuels et h&eacute;t&eacute;rosexuels. &laquo; Il y a vingt ans, un homo, dans mon quartier, on lui lan&ccedil;ait des pierres. Aujourd'hui, on lui parle normal. Je ne sais pas si c'est bien mais c'est comme &ccedil;a &raquo;, constate Azzedine, perplexe. &laquo; Redwane est comme il est, c'est mon ami, je ne fais pas abstraction de son homosexualit&eacute;, je n'en fais pas un plat non plus. &Ccedil;a lui appartient, c'est tout. Quand on aime les gens, on ne fait pas le tri &raquo;, confie pudiquement Mus', qui esquive cependant discr&egrave;tement un geste amical un peu appuy&eacute; de son camarade. Mais si l'acceptation et la mixit&eacute; sociale sont en marche, les difficult&eacute;s, notamment au sein de la famille, restent &eacute;normes. &laquo; Mon fr&egrave;re a trouv&eacute; une lettre d'amour d'un ex. Il ne m'a plus jamais adress&eacute; la parole. Je ne comprenais pas pourquoi, jusqu'&agrave; ce qu'il me croise avec un ami pas tr&egrave;s loin de mon quartier. En pleine rue, il m'a frapp&eacute; et m'a menac&eacute; de tout r&eacute;v&eacute;ler &agrave; mes parents. C'&eacute;tait intenable, je suis parti. Et j'ai pas mal gal&eacute;r&eacute; &raquo;, raconte pudiquement Momo, les larmes aux yeux. &laquo; Je suis alg&eacute;rien, musulman et homo, autant dire un extraterrestre sous antid&eacute;presseurs &raquo;, conclut-il cyniquement. Et pour nombre d'entre eux, leur plan&egrave;te est ailleurs, de l'autre c&ocirc;t&eacute; des fronti&egrave;res, de l'autre c&ocirc;t&eacute; de l'exil. Mais s'expatrier n'est pas si simple : &laquo; Pour faire une demande d'asile en tant qu'homosexuel en France, il faut apporter des preuves de pers&eacute;cutions personnelles et prouver que l'on court des risques sur l'ensemble du territoire alg&eacute;rien, c'est-&agrave;-dire qu'on a d&eacute;m&eacute;nag&eacute; plusieurs fois et qu'on a subi partout des harc&egrave;lements &raquo;, explique Hugues, membre d'une association fran&ccedil;aise qui travaille &agrave; la reconnaissance du droit &agrave; l'immigration et au s&eacute;jour des personnes homosexuelles. Les cas qui aboutissent sont rares, mais nombreuses sont les associations europ&eacute;ennes qui &oelig;uvrent discr&egrave;tement et parfois ill&eacute;galement &agrave; l'accueil des &eacute;trangers homosexuels.&nbsp; &laquo; Notre enfermement est multiple, territorial, familial, religieux, intime. Le pire est de r&eacute;aliser que dans ce pays o&ugrave; je suis n&eacute;, mon homosexualit&eacute; est un crime mais l'homophobie, m&ecirc;me la plus violente, non. M&ecirc;me les ligues de droits de l'homme se d&eacute;sint&eacute;ressent de notre cas. J'aimerais partir mais j'ai une fille &agrave; &eacute;lever, elle n'a rien demand&eacute;. Et si je d&eacute;voile ma sexualit&eacute;, j'ai peur qu'on l'&eacute;l&egrave;ve dans la haine de son p&egrave;re. Je ne sais pas quoi faire. Alors, j'essaye de me battre, d'agir, de rassembler. On me dit que je suis fou mais tout &ccedil;a prend vraiment forme. Ma religion veut des hommes conqu&eacute;rants ? A ma fa&ccedil;on, j'en suis un &raquo;, sourit Karim. Et, l'&oelig;il rieur, il cite une phrase de Tahar Ben Jelloun : &laquo; La nature cr&eacute;e des diff&eacute;rences, la soci&eacute;t&eacute; en fait des in&eacute;galit&eacute;s. &raquo;

<br /><br clear="all" />]]></content:encoded>
	   
    <dc:creator><![CDATA[Delphine Gourlay]]></dc:creator>
    <dc:language>fr</dc:language>
    <dc:date>2007-09-16T19:39:35+01:00</dc:date>
  </item>

	
  <item rdf:about="http://tislitnwenzar.dzblog.com/article-178242.html">
    <title><![CDATA[Les malades]]></title>
    <link>http://tislitnwenzar.dzblog.com/article-178242.html</link>
				 <content:encoded><![CDATA[<br /><span style="font-weight: bold;">C'est qui les malades ?</span>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--> <o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal">Ceux qui aiment ou ceux qui d&eacute;testent&nbsp;?<br /> <br /> C'est les homosexuels ou les homophobe ?</p>
<p class="MsoNormal"><br /> C'est une tr&egrave;s bonne question qu'il faut vraiment se poser mais que les homophobes ne se la pose pas assez souvent, or, ils se m&ecirc;lent dans la vie d'une cat&eacute;gorie de gens qui ne les regarde pas du tout, alors il cherche &agrave; l&eacute;gif&eacute;rer et donner leur avis des fois m&ecirc;me l'imposer et pourtant c'est pas eux que &ccedil;a concerne en premier lieu, ni en dernier d'ailleurs.<br /> <br /> Je ne sais plus c'est qui les malades, on a longtemps milit&eacute; pour l'&eacute;galit&eacute; des couleurs, on a beau essay&eacute; de mettre les noirs et les blancs dans la m&ecirc;me longueur d'ondes et la m&ecirc;me &eacute;chelle social ainsi ils auraient les m&ecirc;me droits et surtout les m&ecirc;me devoirs<sup>1</sup> en l&rsquo;occurrence au USA et en Afrique du sud, au Canada et en France on y est arriv&eacute; h&eacute;las, m&ecirc;me si les r&egrave;gles et la loi est tr&egrave;s pointus sur ce sujet et sanctionne s&eacute;v&egrave;rement les propos racistes et m&ecirc;me les propos homophobes (au Canada) pas en France.<br /> <br /> Ce qui est difficile &agrave; faire et qui reste impossible de punir par la loi, c'est la haine contre les noirs, on est pas oblig&eacute; d'aimer ou de d&eacute;tester<sup>2</sup> quelqu&rsquo;un, peut-on demander &agrave; un chef d'entreprise pourquoi il a recrut&eacute; un &quot;CV&quot; blanc et pas un &quot;CV&quot; noir ? d'autres pays comme la Hollande exige un cot&acirc;t&nbsp;: &laquo;&nbsp;il faut recrut&eacute; tan de noirs que de blancs&nbsp;&raquo; et &ccedil;a se compte, et c&rsquo;est aussi exag&eacute;r&eacute; car ils donnent encore de l&rsquo;ampleur &agrave; la diff&eacute;rence des couleurs et &agrave; l&rsquo;origine ethnique.</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]-->&nbsp;<!--[endif]--><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal">La haine d&rsquo;autrui et vouloir lui faire du mal est une maladie psychologique (il faut juste que ce soit confirm&eacute; par les psychiatres), on d&eacute;teste l&rsquo;autre parce que il est diff&eacute;rent, parce que il n&rsquo;a pas la m&ecirc;me couleur que la mienne, parce qu&rsquo;il a une religion diff&eacute;rente, ou il en a aucune, parce qu&rsquo;il a des go&ucirc;ts diff&eacute;rent que les miens et surtout parce que il lui est m&eacute;connu.</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]-->&nbsp;<!--[endif]--><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal">S.B.</p>]]></content:encoded>
	   
    <dc:creator><![CDATA[Tislit n wenzar]]></dc:creator>
    <dc:language>fr</dc:language>
    <dc:date>2007-09-15T23:35:06+01:00</dc:date>
  </item>

	
  <item rdf:about="http://tislitnwenzar.dzblog.com/article-178705.html">
    <title><![CDATA[Les malades]]></title>
    <link>http://tislitnwenzar.dzblog.com/article-178705.html</link>
				 <content:encoded><![CDATA[C'est qui les malades ?<br /><br />c'est les homosexuels ou les homophobes ?<br />c'est une tres bonne question qu'il faut vraiment se poser mais que les homophobe ne se la pose pas assez souvent, or, ils se melent dans une d'une categorie de gens qui ne les reargde pas du tout, alors il cherche &agrave; legiferer et donner leur avisn des m&ecirc;me l'imposer et pourtant c'est pas eux que &ccedil;a concerne en premier lieu, ni en dernier d'ailleur.<br /><br />je ne sais plus c'est qui les malades, on a lontemps millit&eacute; pour l'egalit&eacute; des couleur, on a beau essayer de metre les noirs et les blancs dans la meme longuers d'ondes et la meme echelle social ainssi il aurais les meme droit et surtout les meme devoirs<br />]]></content:encoded>
	   
    <dc:creator><![CDATA[Tislit n wenzar]]></dc:creator>
    <dc:language>fr</dc:language>
    <dc:date>2007-09-15T23:35:06+01:00</dc:date>
  </item>

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